L'espace Paul Rebeyrolle présentera aussi cet été une exposition des œuvres du peintre Marcel Pouget né à Oran, cette ville unique par ses confrontations culturelles jusqu'au combat clandestin qui nous a, entre autre, légué le Raï, les textes d'Albert Camus…
C'est pourtant à Paris qu'il peint son premier tableau dit expressionniste en 1947.
"Armé de couleur" il participe éminemment à la fondation du mouvement de la Nouvelle Figuration dès la fin des années 50; mais il précisera clairement sa démarche spécifique de "psychopeintre" en 1966.
Tour à tour informel et figuratif, dans un traitement spontané de la couleur, Marcel Pouget est avant tout un révolté contre le mauvais "ordre des choses" terrestres. Un univers étonnant où, par des déformations systématiques et souvent de manière véhémente, il nous met face à une certaine vision contemporaine de l'homme.
Allers-retours entre réalité et onirisme, douleurs et fantasmes, alertes, cris d'horreur ou d'espoir.
"Il écrivait avec des couleurs l'histoire et le sens de ses visions" (Michel Troche, 1987).
Nul doute que l'on retrouve en Pouget la triple démarche entreprise aussi par certains moines, de la métaphysique-mystique, politique et critique.
Il nous invite ainsi à devenir maître de notre esprit et de notre corps. Alors sa peinture devient hymne à l'amour, à la danse… Il préfigurait ce que sera peut-être, l'échange entre les religions pour faire l'humanité mais il voulait par la peinture connaître la route des sages.
Né en 1923, il est décédé à Paris en 1985.
"L'évolution de la peinture figurative depuis un siècle va vers une plus grande préfiguration d'un monde autre".
"Elle croit en l'homme, non au citoyen. Par son effort de restituer l'être dans son double aspect visible et invisible, elle nous permet d'accéder à la connaissance d'une nouvelle magie spirituelle." (Marcel Pouget, Février 1968).